Le bonheur, un idéal de l'imagination

Qu’est ce que le bonheur ? La question n’a cessé de traverser toute l’histoire de la philosophie depuis son origine grecque jusqu’à Kant qui considérera à juste titre le bonheur comme un idéal de l’imagination. Que le bonheur en tant qu’état de satisfaction, de perfection et d’achèvement ne soit qu’un idéal accessible en droit mais inaccessible en fait, nous le comprenons grâce à la théorie de la structure du psychisme chez Freud. L’idée de bonheur naît du conflit entre pulsion de plaisir et interdiction morale, entre le "ça" et le "surmoi".

Le temps, la conscience et ses états

L’attitude naturelle nous pousse à considérer le temps à partir des événements qui s’y déroulent, comme un cadre objectif, immuable et absolu, découpé en heures, minutes, secondes… Nous considérons faussement le temps comme quelque chose qui nous précède, quelque chose dans lequel nous naissons et nous mourrons, sans voir ni comprendre que nous sommes le temps ; que nous sommes ce sans quoi le temps n’existerait pas.

Puissance et composition

Ce par quoi nous allons dans la joie en allant vers nous-mêmes dans le monde. Dans un temps où nous sommes gouvernés par la peur, où la peur devient la pierre d’angle de tout pouvoir et de toute soumission, dans un temps où certains ont peur de l’étranger -de l’étrange étrangeté- et que d’autres ont peur de "la peur de l’étranger" ; Il est temps de regarder notre temps avec désir et joie, de quitter la peur pour l’aventure de l’existence-même qui passe nécessairement par la rencontre de l’autre, du tout autre dans lequel paradoxalement je me précède.

Y a-t-il une vérité du sensible ?

En métaphysique comme en toute science est tenu pour vrai ce qui peut être démontré. Démontrer consiste à fonder l’apparence pour la connaitre avec certitude, ramener ce qui se montre à son fondement pour le connaitre certainement. Le fondement est ce qui rend raison d’une chose mais qui diffère en nature de ce dont il rend raison. Il est l’unité d’une multiplicité, la nécessité du contingent, l’être du devenir. Il est sans doute insuffisant de définir la vérité comme adaequatio rei et intellectus car cela suppose que nous possédions une précompréhension de l’objet qui puisse supporter l’épreuve de la conformité. C’est donc dans la pensée que se trouve le fondement de la vérité. Or le sensible nous met en rapport avec une extériorité toujours multiple, contingente et en devenir. De fait la vérité et le sensible s’excluent mutuellement. Certes il est possible d’affirmer que la sensation ne se trompe jamais dans la mesure où il est vrai que "je sens ce que je sens." Est-il alors possible de passer de la valeur existentielle de la sensation à une valeur épistémologique ; de la question du fait : "cela est" à la question de droit : "comment cela est" ? Autrement dit, de passer de la connaissance de l’effet senti à la connaissance adéquate de la cause ?