La question du théâtre chez Daniel Mesguich, 6/6

Pour finir nous allons nous intéresser à l’actualité de Daniel Mesguich, c’est à dire à la mise en scène de la pièce de Jacques Attali, "Du cristal à la fumée", dont la première a eu lieu ce 16 septembre 2008. Cette pièce s’inscrit de manière complexe dans l’approche conceptuelle du théâtre tel que nous l’avons abordé chez Daniel Mesguich. Mais cette complexité risque -aurait pu risquer- d’ouvrir de belles perspectives pour la pensée.

Ce qui fait la valeur subjective d'une oeuvre d'art.

Du cultuel au culturel pour finir à l’esthétisme, l’oeuvre d’art est passée de l’objectif au subjectif, de l’ouverture d’un monde commun à l’intériorité réactive d’un sujet au regard satisfait. Seule compte désormais l’affection produite sur le sujet devenu juge et partie de la valeur artistique. Ce processus a déjà été évoqué ici et le sera encore par la suite. Si de l’art aucun monde ne peut plus advenir, que reste-t-il de l’art ?

Essentialisme et nominalisme : De l'évolution des espèces à la singularité comme principe de l'évolution.

« Si chez Lamarck et Darwin, on peut dire que le fonctionnement façonne l’organisme, c’est que chez le premier, il y a adaptation de l’organe au milieu, et que chez Darwin il y a l’idée selon laquelle le milieu discrimine ce qui permet ou ne permet pas la survivance de l’espèce. » Merleau-Ponty, La Nature. Que l’évolution existe, c’est incontestable en fait. Mais comment existe-t-elle ? C’est en droit contestable. Le principe par lequel on explique un phénomène peut varier, sans que le phénomène lui-même ne varie. Deux conceptions majeures s’affrontent dans ce domaine qu’il est difficile de distinguer : le lamarckisme et le darwinisme. Entre les deux la différences fondamentales réside dans l’essentialisme de l’un et le nominalisme de l’autre.

Mémoire et conscience.

Du souhait de notre président Sarkozy de faire porter sur la conscience de tous les enfants la mort d’un enfant déporté, il n’est même pas question de parler ni de débattre. On discute le prix d’un cheval alors que c’est une poule qu’on veut nous vendre. Car ce n’est pas de mémoire dont il s’agit mais d’aliénation. Et en appelant mémoire collective ce qui ne l’est pas, c’est le sens même de la culture, du monde et de la démocratie qui sont mis en péril. Il s’agit donc d’une aberration qui n’aurait jamais du être formulée.

Fermeture définitive (suite et fin).

Les quelques rares personnes qui errent parfois encore ici s’en seront peut-être aperçus : nous ne sommes pas sous le signe de la pleine activité. A cela deux raisons. La première m’est propre. De contrat précaire en contrat précaire, ma seule identité sociale réside dans mon statut de rmiste. Je n’ai socialement rien à voir avec la philosophie. Je n’ai rien à gagner à m’adonner à de telles activités pour un retour d’intérêt si faible. La seconde raison est plus complexe mais s’énonce facilement. A la vitesse et dans la direction où va le monde, de la philosophie il n’ait plus besoin. Sans doute sommes-nous au seuil d’une nouvelle erre. Civilisation de la babarie, de l’oubli redoublé. Sans doute pourrait-on objecter avec Heidegger et Hölderlin que "du plus grand péril croît aussi ce qui sauve". Mais j’y crois plus trop. Non seulement il nous manque les forces d’un peuple (P. Klee) mais "l’art" vient aussi à manquer (voir Deleuze, Mille plateaux) Salut.

L'infini et au-delà.

Il s’agissait d’un slogan publicitaire pour un quelconque parfum, "l’infini et au-delà" ou "un peu plus loin que l’infini", je ne sais plus exactement. Ce dont je me souviens, c’est que ce slogan avait heurté en son temps, la rationnalité d’un honnète lecteur d’une quelconque revue scientifique. Mais ce que nous ne savions pas, c’est que ce slogan était issu de "2001 : L’odyssée de l’espace."